Le kimchi est à la cuisine coréenne ce que le pain est à la cuisine française : pas un plat, une base. On le mange au petit-déjeuner, au déjeuner, au dîner. Il accompagne tout — le riz, la viande, les soupes, le K-BBQ. On le cuisine aussi : dans des galettes (kimchijeon), dans des ragoûts (kimchi jjigae), dans du riz sauté (kimchi bokkeumbap).

Mais qu'est-ce que c'est exactement ? D'où ça vient ? Et comment le faire soi-même ?

Le kimchi, c'est quoi ?

Le kimchi est un légume fermenté. Le plus courant est le baechu-kimchi — kimchi de chou napa — mais il en existe plus de 200 variétés en Corée : kimchi de concombre (oi sobagi), de radis (kkakdugi), de navet vert, de cresson, de printemps...

Le principe est toujours le même : un légume salé, rincé, puis enrobé d'une pâte épicée (yangnyeom) à base de gochugaru (piment coréen en flocons), ail, gingembre, et souvent sauce de poisson. Le tout fermente pendant des jours, des semaines, des mois — développant une acidité complexe, de l'umami, une profondeur de goût impossible à imiter avec un simple vinaigre.

Les origines : 2000 ans d'histoire

La fermentation de légumes en Corée existe depuis plus de 2000 ans. Avant l'introduction du piment coréen (gochugaru) au XVIIe siècle — il est arrivé du Mexique via le Japon — le kimchi était blanc : salé, fermenté, mais sans la couleur rouge qu'on lui connaît aujourd'hui.

Le gochugaru a tout changé. Le piment coréen s'est intégré si profondément à la cuisine locale qu'aujourd'hui, difficile d'imaginer le kimchi sans cette couleur rouge orangée, ce piquant doux et profond.

En 2013, le kimjang — la tradition communautaire de préparation du kimchi pour l'hiver — a été inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO. En Corée, chaque famille a sa propre recette, transmise de génération en génération. Le kimchi de la grand-mère ne goûte pas comme celui du voisin.

La recette du kimchi maison (baechu-kimchi)

Les ingrédients (pour 1 bocal de 1 litre)

Étape 1 — Saler le chou

Couper le chou en 4 dans la longueur, puis en morceaux de 5 cm. Saler généreusement entre chaque couche. Laisser reposer 1 à 2 heures en retournant toutes les 30 minutes. Le sel va extraire l'eau du chou — il deviendra souple et translucide.

Étape 2 — Rincer et égoutter

Rincer le chou 3 fois à l'eau froide pour enlever l'excès de sel. Goûter : ça doit être salé mais pas oppressant. Égoutter dans une passoire, puis essorer à la main en serrant fortement. Le chou doit être le plus sec possible.

Étape 3 — Préparer la pâte yangnyeom

Dans un grand bol, mélanger l'ail, le gingembre, le gochugaru, la sauce de poisson et le sucre. Remuer jusqu'à former une pâte homogène. Ajuster le gochugaru selon ton niveau de tolérance au piquant — 3 cuillères, c'est la version standard, pas brûlante.

Étape 4 — Assembler

Ajouter le chou, la ciboule et le daikon dans la pâte. Mélanger à la main — porte des gants jetables, le gochugaru tache. Enrober chaque morceau de chou généreusement.

Étape 5 — Mettre en bocal et fermenter

Tasser le kimchi dans un bocal propre en chassant les bulles d'air. Laisser 2–3 cm d'espace en haut — ça va gonfler. Fermer sans bloquer hermétiquement (les gaz doivent pouvoir s'échapper). Laisser à température ambiante 24 à 48h, puis réfrigérer.

Quand le manger ?

Frais (3–7 jours) : croquant, légèrement piquant, peu acide — parfait comme banchan simple. À 3–4 semaines : plus acide, plus complexe, idéal pour cuisiner. À 3 mois et au-delà : mukeunji — kimchi vieux et très fermenté, utilisé dans les ragoûts et le riz sauté pour une profondeur d'umami intense.

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Le kimchi, un super-aliment ?

Sans exagérer le terme "super-aliment", le kimchi a des propriétés nutritionnelles sérieuses. La fermentation produit des probiotiques (Lactobacillus) bénéfiques pour le microbiote intestinal. Le chou est riche en fibres et en vitamines C et K. L'ail et le gingembre ont des propriétés anti-inflammatoires reconnues.

En Corée, la consommation quotidienne de kimchi est associée à un des taux d'obésité les plus bas du monde occidental. Ce n'est pas le kimchi seul, bien sûr — c'est toute la structure du repas coréen qui en est responsable (voir notre article sur pourquoi la cuisine coréenne est la plus saine du monde).

FAQ — Kimchi

Le kimchi est-il toujours piquant ?

Non. Il existe des versions de kimchi blanc (baek-kimchi) sans gochugaru, plus douces, qu'on donne aux enfants ou aux personnes qui ne tolèrent pas le piment. Mais la version standard est modérément piquante.

Peut-on faire un kimchi vegan ?

Oui — remplacer la sauce de poisson par de la sauce soja ou de la pâte de miso diluée. La fermentation sera légèrement différente mais le résultat est excellent.

Combien de temps se conserve le kimchi ?

Au réfrigérateur, pratiquement indéfiniment. Plus il vieillit, plus il devient acide. En Corée, les familles gardent parfois des kimchi de plusieurs années pour des préparations spécifiques.

Peut-on cuisiner avec du kimchi ?

Oui — et c'est une des utilisations les plus intéressantes du kimchi vieux. Kimchi jjigae (ragoût), kimchi bokkeumbap (riz sauté), kimchi jeon (galettes) — plus le kimchi est fermenté, plus il donne de profondeur au plat.